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NOTE GÉNÉRALE SUR L'OBSERVATION DES CÉTACÉS EN MER : Les observations d’animaux en mer dépendent grandement des conditions de visibilité : du vent fort levant de l’écume sur la crête des vagues et une mer creusée, comme rencontrés par l’Alcyon dans le Golfe de Gascogne et dans la Mer du Nord, gênent la détection des animaux, même les plus grands comme les baleines. Certaines zones pélagiques ont donc été peu favorables aux rencontres au cours du périple de l’Alcyon. Seuls des petits ou des moyens delphinidés y ont été observés. Ce sont d’ailleurs, d’une façon générale, les plus nombreux en mer. D’autre part ils viennent plus volontiers à l’approche du bateau ou exécutent des sauts visibles de loin. Il arrive qu’on n’aperçoive qu’une silhouette, ou seulement un dos et un aileron. Sans autres éléments sur la taille, la forme et la coloration de l’animal, l’identification de l’espèce est alors impossible. Ce sont des observations qu’on définit comme espèce « indéterminée » (unid dans la légende).
LES CÉTACÉS RENCONTRÉS PAR ALCYON AU COURS DE SON EXPÉDITION : Un des intérêts de l’expédition de l’Alcyon est d’avoir traversé plusieurs grands écosystèmes et diverses niches écologiques et d’y avoir donc rencontré les animaux qui les fréquentent préférentiellement. Tout d’abord on observe bien une gradation latitudinale. Les premiers delphinidés rencontrés par exemple sont plutôt des espèces d’eaux tempérées à froides (dauphin bleu et blanc, dauphin commun), qui vont être remplacées par des espèces d’eaux froides (lagénorhynque) vers le grand nord. Ensuite les rencontres illustrent les différentes niches écologiques utilisées par les animaux : le marsouin commun reste très côtier, tandis que les grandes baleines ont une prédilection pour les zones pélagiques. Puis à une échelle plus petite, certaines espèces, surtout celles recherchant des calmars (teutophages) comme les cachalots et les globicéphales, vont privilégier les talus abrupts et les canyons sous-marins. Enfin les rencontres illustrent également différentes stratégies développées par les cétacés : on a des populations dites « sédentaires » (Grand dauphin, marsouin) d’un côté, exploitant une région tout au long de l’année, et des espèces qui migrent d’une saison sur l’autre sur des milliers de kilomètres pour venir exploiter au meilleur moment la richesse trophique des eaux des hautes latitudes (mégaptères, rorqual commun et même rorqual museau-pointu). La carte globale des observations de cétacés illustre très bien ces différents éléments, tel un grand puzzle complexe à plusieurs niveaux dont nous connaissons les grands traits, mais dont il reste aussi des parties encore peu connues à déchiffrer. |