PARTICIPE FUTUR S'ENGAGE POUR LA CONSERVATION MARINE A TRAVERS LA RECHERCHE, L'EDUCATION ET LA SENSIBILISATION

Si les grands vertébrés marins (dauphins, baleines, tortues, oiseaux notamment) sont souvent le centre de l’attention lorsqu’on parle de pollution plastique, des communautés marines moins médiatisées mais toutes aussi importantes sont également touchées. Cela est une nouvelle fois confirmé par la publication en janvier dernier de chercheurs italiens qui se sont intéressés à l’impact des microplastiques (taille inférieure à 5 mm) sur l’alimentation du madrépore orange (Astroides calycularis).

Ce corail dur de couleur orange, typique des fonds rocheux, peut former des colonies denses approchant parfois les 3000 colonies/m2. On le trouve principalement dans les 15 premiers mètres de profondeur. Son aire de répartition est limitée et fragmentée entre le sud de l’Italie et le détroit de Gibraltar, en passant par les pays du Maghreb et Malte.

Le madrépore orange est un organisme filtreur, qui se nourrit de particules organiques en suspension. Les biologistes ont donc tenté d’identifier la présence et l’ampleur d’un impact des microplastiques sur l’alimentation et la digestion du corail.

Lors d’expérience en aquarium, ils ont mis en contact différentes colonies de madrépore orange avec de la nourriture (des crevettes de 1 à 6 mm), des fragments de polyéthylène (polymère plastique le plus commun dans les océans), ou les deux en même temps.

Leurs expériences montrent que les coraux manipulent et ingèrent bien des particules de plastique lorsqu’ils y sont confrontés, à un taux cependant nettement moins important que lorsqu’ils sont en contact avec de la nourriture uniquement. Cela indique que ces animaux sont capables de sélectionner leur nourriture, par un procédé que l’on ignore. Pourtant, cela ne les empêche pas d’ingérer des particules plastiques.

corail madrépore

Manipulation et ingestion d’une particule de microplastique par une colonie de madrépore orange (© Savinelli et al., 2020)

Cependant, lorsque les madrépores sont en contact avec des microplastiques et de la nourriture en même temps, le taux d’ingestion de microplastique double (probablement stimulé par la présence de nourriture) alors que le taux d’ingestion de nourriture diminue d’un quart. Le corail passe parfois plus de 90 minutes à manipuler, ingérer puis expulser des particules de microplastique. Ces animaux gaspillent donc du temps et de l’énergie qui pourraient (et devraient) être alloués à l’alimentation. A long terme, cela pourrait avoir un impact sur la santé des colonies.

En effet, ces résultats viennent confirmer des études similaires concernant d’autres espèces de corail où l’ingestion de microplastiques entraîne une détérioration de l’appareil digestif, une nécrose des tissus, voire un blanchiment (mort). Un transfert de polluants du microplastique vers les coraux est également possible. Cela constituerait une nouvelle porte d’entrée de ces contaminants persistants dans la chaîne alimentaire, remontant les échelons jusqu’au plus grand prédateur des milieux marins, l’Homme. Retour à l’envoyeur.

Source : Savinelli, B., Fernández, T. V., Galasso, N. M., D'Anna, G., Pipitone, C., Prada, F., Zenone, A., Badalamenti, F. & Musco, L. (2020). Microplastics impair the feeding performance of a Mediterranean habitat-forming coral. Marine Environmental Research, 155, 104887.

Pdf : http://www.marinesciencegroup.org/wp-content/uploads/2020/02/Savinelli-et-al.-2020.pdf

Jérôme Couvat / 08 avril 2020



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