PARTICIPE FUTUR S'ENGAGE POUR LA CONSERVATION MARINE A TRAVERS LA RECHERCHE, L'EDUCATION ET LA SENSIBILISATION

coucherSoleil

Que l’on soit « à la cape » à se laisser dériver ou en navigation, une nuit au large sur Alcyon est toujours un moment particulier. Une fois les lumières éteintes et les équipiers lovés dans leur sac de couchage (sauf ceux de quart évidemment !), on découvre, allongé sur sa couchette, un environnement sonore nouveau qu’il faut apprivoiser. Le sifflement du vent dans les haubans, le grincement de la bôme de grand-voile, le clapot des vagues sur l’étrave… Tous ces bruits que l’activité de la journée relaie au second plan prennent de nouveau leurs aises à la faveur de l’obscurité, jusqu’au petit pot de moutarde en verre mal rangé qui vient cogner contre le bord de l’étagère au rythme des vagues. Car si l’équipage se repose, le bateau, lui, continue d’avancer, de travailler. De vivre.

Petit à petit, cette cacophonie confuse et brouillonne s’organise et s’accorde au rythme du léger tangage qui vient bercer délicieusement les corps fatigués par les heures d’observation sous le soleil et les manœuvres à la voile. Etendu sur sa couchette, on se laisse aller à ce balancement régulier pour lentement faire corps avec le bateau. Chaque bruit prend sa place pour former une unité, une harmonie, plongeant l’équipier dans un sommeil mérité. Parfois, les occupants des couchettes Avant pourront entendre les sifflements des dauphins venus nager à l’étrave. Juste là, de l’autre côté de la coque en aluminium, les animaux escortent pour un moment le bateau avant de replonger vers les profondeurs.

Pour ceux restés sur le pont, le quart de nuit sous un ciel dégagé et sans lune offre le spectacle époustouflant d’une voûte céleste pure et éclatante que seuls les habitants du désert doivent connaître. Si ce n’était pour les nombreux satellites qui zèbrent ce tableau stellaire de leur trajectoire rectiligne infinie, on se sentirait transportés aux origines du monde, à découvrir ce ciel à travers les yeux de ces hommes qui, les premiers, ont levé le regard pour chercher au milieu de ces lueurs scintillantes des réponses à leurs questionnements les plus profonds. On finit par ne plus savoir si on navigue sur l’eau, ou dans l’espace. Les deux peut-être.

L’équipier à l’esprit vagabond peut être tiré parfois de ses pensées par le souffle d’une baleine faisant surface à proximité. Lorsque les nuits sont silencieuses et le bateau immobile, on peut ainsi entendre l’expiration puissante et l’inspiration caverneuse de ces géants qui s’approchent puis repartent sans pouvoir les observer. Une autre fois, ce seront les petits souffles brefs et secs d’un groupe de dauphins qui attireront l’attention. Si les conditions sont réunies, ces torpilles traceront des sillages fluorescents éphémères dans l’étendue noire insondable de la mer.

Les mots sont toujours insuffisants pour décrire des émotions, des sensations. Pour les ressentir pleinement, il faut les vivre. Une nuit en mer sur Alcyon, c’est toujours une histoire à raconter.

Jérôme Couvat - 16 avril 2020

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